BFP VOLUME 4 – Le constant curved array

Nouvelle année, nouveau calage hors normes

Nouvelle année, nouveau calage hors normes.
Aujourd’hui, on va parler du dernier monstre de sono monté à partir, entre autres, de systèmes HSR. Encore une composition exceptionnelle pour un nouvel an exceptionnel. Cette année, les crews ont mis les bouchées doubles. 16 NQ21, 12 KPFX21, 8 BM218 et 8 TH21 pour la partie basse. Toujours une armada de C2D pour couvrir le low-mid. Pour le medium 8 doubles 12G301, et enfin celles que vous attendiez tous : les SAWG14 (les fameux constant curved array).

Le stack complet

1 – C’est quoi ces tops de fou ?

On ne va pas vous faire attendre plus longtemps : entrons directement dans le vif du sujet.
Qu’est-ce que sont exactement ces petites merveilles modulaires qui ont couvert le haut du spectre pendant toute la soirée ?

4 sawg14 en constant curved array

Ces tops forment ce que l’on appelle un constant curved array.
En simplifiant, on peut voir cette architecture comme un hybride, à mi-chemin entre le pavillon point source et le pavillon line array.

Là où un line array cherche à déplacer la source virtuelle acoustique très loin derrière l’enceinte — idéalement à l’infini — les guides d’onde à courbure constante, eux, cherchent à positionner cette source virtuelle à une distance finie, choisie et maîtrisée. L’objectif est que la source virtuelle de chaque enceinte soit confondue avec celle des enceintes adjacentes. L’ensemble se comporte alors comme un groupe cohérent dont la source ponctuelle est virtuellement unique. C’est ce qui assure une excellente cohérence de phase dans la zone de couplage.


a) Position virtuelle de la source et choix de l’architecture

La perception de l’origine d’un champ sonore dépend avant tout de la géométrie du front d’onde et de la cohérence de phase entre les contributions acoustiques, bien plus que de la position physique des transducteurs. La position virtuelle de la source correspond au point géométrique à partir duquel le front d’onde observé pourrait être reconstruit par rétro-propagation.

Une source ponctuelle génère un front d’onde fortement courbé, associé à une source virtuelle finie et localisable. À l’inverse, un line array correctement couplé vise à produire, sur une plage fréquentielle et une distance données, un front d’onde de faible courbure, assimilable à une onde quasi plane, correspondant à une source virtuelle très éloignée.

Le constant curved array assume quant à lui une source virtuelle finie mais contrôlée. Il privilégie la stabilité de la couverture et de la directivité sur la distance, plutôt que la recherche d’une source “à l’infini”, souvent difficile à maintenir dans des configurations compactes ou stackées.


b) Le système Paraline

Les lentilles Paraline sont des dispositifs conçus pour remplir une fonction similaire au légendaire DOSC de L-Acoustics, mais dans un volume beaucoup plus réduit.

exemple de guide d'onde paraline

Le principe du Paraline est de transformer une source ponctuelle en source linéaire. Pour y parvenir, On contraint le son à parcourir des chemins dont la longueur est strictement identique entre la gorge, où se situe la compression, et n’importe quel point du slot de sortie. Cette équidistance des chemins est obtenue à l’aide d’une géométrie précise, souvent basée sur des formes ovales aux extrémités pointues, définies par des règles simples. Quelle que soit la trajectoire empruntée, la distance acoustique doit reste constante.

schéma du paraline

Dans cette configuration idéale, le Paraline génère un front d’onde de faible courbure, assimilable à une onde plane de type line array.
Cependant, dans la version que nous exploitons, nous modifions volontairement la géométrie : les longueurs de chemin ne sont plus strictement égales. Cette différence contrôlée permet de définir précisément la courbure du front d’onde, et donc l’ouverture angulaire du guide d’onde sur l’axe de la ligne. En jouant sur ces différences de parcours, il devient possible de fixer l’ouverture souhaitée — ici de l’ordre de 25° par enceinte — tout en conservant une excellente cohérence de phase.


c) Le guide d’onde asymétrique

La seconde arme qui rend ce système particulièrement adapté aux configurations stackées est l’utilisation d’un pavillon asymétrique. Par conception, celui-ci projette davantage d’énergie vers le bas que vers le haut. Ce choix permet de concentrer l’énergie sur le dancefloor, d’atteindre efficacement les premiers rangs. Le tout en évitant d’arroser inutilement le ciel (il faut bien respecter la faune locale).

vue de coté du constant curved array

d) Et les compressions dans tout ça ?

Ce design existe en deux versions : l’une équipée de BMS 4590, l’autre de DCX464. Dans les deux cas, la charge basse fréquence de la compression est un point clé du design. Ce qui explique la taille conséquente du pavillon. Ce chargement efficace permet d’exploiter pleinement la bande passante de la compression.

Un autre avantage majeur réside dans la modularité : l’ajout d’unités supplémentaires permet au pavillon formé par l’ensemble de charger plus bas en fréquence. Couplage efficace, énergie dirigée vers la zone utile, bande passante étendue et puissance considérable font de ces tops de véritables pépites, à la fois modulaires et redoutablement efficaces.


Conclusion

stack complet

Ce système n’essaie pas d’imiter un line array ni de se comporter comme un simple point source. Il exploite un constant curved array maîtrisé, généré par un Paraline volontairement non isochrone. Le tout, renforcé par un pavillon asymétrique, pour répondre à des contraintes réelles de terrain avec une efficacité maximale.